Le Nota Bene a récemment rencontré Nicola, le fondateur de "Niko", une pâtisserie et salon de thé à Menton. Après une heure d'entretien, nous sommes ressortis avec une belle histoire à raconter.
Nicola, humble et déterminé, nous a fait découvrir un parcours marqué par la persévérance et l'audace. De ses débuts en cuisine en France malgré la barrière linguistique, en passant par ses expériences en Italie et aux États-Unis, il a surmonté des obstacles pour réaliser son rêve.

Son accident en 2019 n'a fait que renforcer sa détermination à poursuivre son projet entrepreneurial. Malgré les défis, il a ouvert "Niko" avec une motivation inébranlable et a conquis le cœur de ses clients avec ses créations uniques. Pour Nicola, l'entrepreneuriat signifie relever des défis, mais avec la bonne mentalité et la passion pour son métier, les épreuves sont surmontables.
Dans un monde dominé par les réseaux sociaux, il privilégie la qualité de ses produits et de son service plutôt que de dépendre uniquement de la communication numérique.
Son ambition pour l'avenir est de développer son concept, peut-être avec une nouvelle facette dédiée à la glace, tout en restant fidèle à l'excellence et à la passion. Pour Nicola, il est primordial de ne jamais abandonner ses rêves, malgré les obstacles, et de transmettre cette détermination à ses enfants.
Son histoire inspirante rappelle l'importance de croire en ses idées et de persévérer pour réaliser ses rêves, peu importe les embûches. "Niko" est un exemple concret du pouvoir de l'audace et de la volonté dans le monde de l'entrepreneuriat.



Voici quelques extraits de notre entrevue :
« Angy : Pourrais-tu me parler de ton parcours avant d'ouvrir cette pâtisserie ?
Nicola : Mon parcours a été long et parfois difficile. Depuis 2008, j'ai poursuivi mon projet, né de ma passion pour la cuisine. Après avoir terminé l'école en 2003, je suis venu en France en 2004 pour ma première expérience. À Nice, je ne parlais pas français, mais j'ai eu la chance de travailler avec des Français, ce qui m'a permis d'apprendre la langue en 5 mois. Travaillant dans une auberge de jeunesse, loin de la restauration traditionnelle, j'ai ensuite passé un an à Nice, logé et nourri pour 700 € par mois.En 2007, une crise personnelle m'a poussé à quitter la France pour l'Italie. Malheureusement, le retour s'est avéré difficile en termes de travail. Passionné de football depuis toujours, j'ai réalisé qu'il était temps de prendre les choses en main. Après des recherches infructueuses d'emploi, un ami m'a proposé de l'aider dans son bar/pâtisserie, malgré mon manque d'expérience. J'ai accepté, et cette opportunité m'a ouvert les yeux sur la pâtisserie, une discipline précise et méthodique, bien différente de la cuisine. Depuis, j'ai fait ce switch et me suis investi dans cette nouvelle voie.
Angy : Un coup de foudre.
Nicola : En fin 2008, début 2009, j'ai plongé dans la pâtisserie, malgré les difficultés constantes en Italie, en Sicile. Une tentative à Milan n'a pas fonctionné. En 2011, je saisis l'opportunité de partir aux États-Unis, mais cela tourne court. Malgré un an et demi aux États-Unis, l'absence de contrat m'exaspère. Après une pause, je tente la vente en 2013, mais cela ne me convient pas, car cela nécessite de dissimuler la vérité.
En janvier 2015, je décide de quitter le pays et finis par atterrir à Monaco en 2016. Après des recherches acharnées, je trouve un travail dans un restaurant. Je retourne brièvement en Italie pour mes affaires et reviens à Monaco pour commencer en février. Je rencontre ma femme et stabilise ma vie. Obtenant un CDI, je réalise mon rêve d'acheter un appartement. Mes années de sacrifice portent enfin leurs fruits.
Angy : C'est une histoire incroyable. Tu as vraiment dû te battre pour arriver là où tu es aujourd'hui. C'est inspirant de voir à quel point tu es déterminé et passionné par ce que tu fais. Puis, Au 12 janvier 2019 qu'est-ce qui se passe ?
Nicola : Ma femme avait déjà un appartement, mais je rêvais d'une moto. Malheureusement, j'ai eu un grave accident en janvier 2019, fracturant mes poignets. Les opérations et les séquelles ont mis fin à mon travail. La pandémie a prolongé mon arrêt d'un an. C'était psychologiquement difficile, ma femme assumant tout. Après récupération, j'ai dû repenser ma carrière en France, avec des inquiétudes financières.
Ma femme m'a encouragé à lancer un projet. Malgré mes doutes, le projet est né. Après des échecs antérieurs, la France m'a offert une chance. J'ai suivi des formations pour me réorienter. Le soutien et la mentalité française m'ont permis de redémarrer et de créer mon entreprise. Les défis restent, mais la France m'a donné une opportunité.
Angy : Tu as souffert mais ça t'a donné le mental. Tu as subi la crise Covid, tu étais enfermé mais tu as eu, dans ton malheur, cette chance d'avoir cette indemnité qui t'a permis de te lancer. C'était compliqué mais aujourd'hui tu as monté « NIKO ». Je viens souvent j'espère fortement que ça va continuer, j'adore les produits italiens en plus donc ça me va parfaitement. Je pense que tu as ce mental d'entrepreneur, malgré les échecs tu continues.
Nicola : Les épreuves surviennent, mais elles sont surmontables. Il ne faut jamais abandonner. J'ai accumulé de l'expérience au fil des ans, avec des hauts et des bas. Les projets échouent quand ils ne sont pas vraiment ancrés en nous. À l'approche de mes 40 ans, j'ai choisi les défis plutôt que l'immobilier facile en Italie. En France, la pâtisserie est un domaine exigeant, et j'aime cela. Je m'efforcerai d'atteindre leur niveau, peu importe le temps. Mon produit est solide, mais je comprends qu'il ne conviendra pas à tous.
Angy : Tu parlais de peut-être un Niko 2.0, c'est quoi ton ambition ? Aujourd'hui tu viens de débuter, imaginons ça fait deux ans que tu es là, tout roule. Qu'est-ce que tu fais ?
Nicola : La Glacerie est dans mes plans, mais la place pour la machine manque. J'aimerais créer une continuité entre les pâtisseries et la glace, peut-être dans un endroit plus central et petit. L'objectif est d'assurer une présence constante pour nos clients, mais je veux tout superviser pour garantir la qualité. On envisage aussi des options sans gluten et au chocolat. En ce moment, le focus est sur le développement ici. Je travaille longtemps chaque jour, et pour grandir, j'aurai besoin de collaborateurs partageant la même motivation et ambition. Le personnel est complexe, il faut les bonnes personnes à tes côtés, celles qui croient en ce que tu fais. Je préfère faire moins, mais bien. Les vacances ne sont pas pour moi maintenant, car les gens ont besoin de nous. Fermer n'est pas normal, surtout au début.
[...]
Angy : Les réseaux sociaux et la technologie sont omniprésents aujourd'hui. Est-ce que tu trouves que ta présence en ligne aide ton entreprise ou est-ce que le bouche à oreille et ta présence physique en magasin sont plus importants ?
Nicola : Quand j'ai débuté, les réseaux sociaux n'étaient pas aussi influents. Je m'inquiète un peu pour le futur, car tout semble se passer en ligne désormais. Les avis sur Trip***** et autres plateformes dictent souvent les choix des gens. Cela dit, je préfère l'ancienne manière de choisir un restaurant en fonction de son affluence. Pour moi, la vraie communication était basée sur les échanges directs, pas uniquement sur des avis subjectifs en ligne.
Angy : Avec de jeunes enfants, quels enseignements importants souhaites-tu transmettre, étant donné ton parcours d'entrepreneur et ton expérience en général ?
Nicola : J'essaierai de maintenir une communication authentique avec mes enfants. Les réseaux sociaux font partie de leur monde, mais je ne peux pas leur interdire. Ce qui compte, c'est qu'ils cherchent toujours à donner le meilleur d'eux-mêmes, peu importe leur choix de carrière. J'ai toujours essayé, pris des risques et appris de mes échecs. L'échec est une étape incontournable de l'entrepreneuriat. C'est ainsi qu'on construit sa résilience. Rien ne me fait peur maintenant, pas même les heures de travail. [...]
Angy : Pour les jeunes qui souhaitent entreprendre, quel conseil donnerais-tu ?
Nicolas: Mon conseil serait de toujours se mettre la pression. Je m'inspire constamment de recettes et de vidéos pour créer et lier mes connaissances à ce qui se passe en France. Par exemple, mon croissant italien a trouvé son public ici. Mon objectif est de fidéliser les clients, de créer une expérience unique qui les incite à revenir. J'aspire à développer une clientèle qui revient pour l'authenticité de ce que je propose, plutôt que de courir après le profit maximum. La satisfaction du client prime pour moi.
Angy : C'est admirable. Et concernant le développement de "Niko", envisages-tu des partenariats ou des ressources supplémentaires pour l'avenir ?
Nicola : Actuellement, je suis concentré sur le lancement, mais j'aurais pu envisager des partenariats pour la saison estivale. Cependant, étant seul, je préfère garantir la qualité en limitant les partenariats. Les erreurs restent chez moi. Je préfère m'entourer de personnes passionnées plutôt que de champions du monde. Pour moi, la compétence et la motivation sont plus importantes que le diplôme.
Angy : Merci d'avoir partagé ton parcours avec nous. Ta passion et ta persévérance sont admirables.
Nicolas: Chaque jour, je grandis et évolue. L'entrepreneuriat est une aventure quotidienne, remplie de découvertes et de défis. Finalement, si tu aimes ce que tu fais, cela ne semble jamais vraiment du travail. »

Conclusion
Nicola, fondateur de la pâtisserie "NIKO" à Menton, a surmonté des obstacles pour réaliser son rêve d'entrepreneur. Après une lutte acharnée en France malgré la barrière de la langue, il a poursuivi son voyage en Italie et aux États-Unis, avant de revenir en France pour ouvrir "NIKO".
Son parcours est marqué par la persévérance face aux revers. Passionné de qualité, Nicola privilégie le contact direct avec les clients plutôt que les réseaux sociaux. Il transmet cette éthique à ses enfants, insistant sur la détermination et la recherche de l'excellence.

"NIKO" aspire à élargir son offre en ajoutant des glaces artisanales et des produits sans gluten, tout en restant fidèle à ses valeurs. Pour Nicola, le succès découle de la passion pour son métier et de la capacité à surmonter les obstacles.
En somme, l'histoire de Nicola rappelle l'importance de la détermination et de la passion dans la poursuite des rêves. Sa pâtisserie est un témoignage vivant de ces principes, illustrant comment l'amour du travail et la persévérance peuvent mener à la réalisation de grands projets.
à propos de NIKO
Salon de Thé et pâtisserie
Contact :
06 43 50 90 89
369 cour du Centenaire
06500 Menton
